«Mégadéduction»: une mesure «adaptée pour le Québec», selon le ministre Champagne
MONTRÉAL — Le ministre fédéral des Finances, François-Philippe Champagne, estime que le Québec sortira gagnant avec la «mégadéduction» à la productivité, alors que cette mesure fiscale donne actuellement des «maux de tête» à son homologue québécois.
Au lendemain du dépôt de son budget 2026, M. Champagne était de passage, vendredi après-midi, devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) pour en présenter les grandes orientations.
Il a défendu la «mégadéduction» à la productivité, dont le coût est estimé à 36 milliards $ sur cinq ans. Cet allègement fiscal doit permettre aux entreprises de déduire l'entièreté de leurs dépenses en biens, comme l'achat de machinerie, de matériaux de construction ou de nouvelles technologies.
«C'est fait pour le Québec. Le Québec, c'est une industrie de PME. Le Québec, dans la mégadéduction, en sort gagnant», a affirmé M. Champagne dans le cadre de la conférence animée par l'éditorialiste en chef de «La Presse», Stéphanie Grammond.
«Il y en a qui parlent du coût. Moi, je pourrais regarder le bénéfice. On parle de 22 milliards $ par année, on parle de 80 000 emplois à terme», a-t-il ajouté, faisant aussi valoir la facilité avec laquelle les entreprises pourront profiter de cet allègement.
M. Champagne a évoqué que, lors de sa dernière rencontre avec les ministres des Finances provinciaux et territoriaux, ses homologues ont souligné qu'une telle initiative peut contribuer à remettre le Canada sur la voie de la compétitivité et de la productivité.
À Québec, le gouvernement St-Pierre Plamondon n'a pas encore annoncé ses intentions quant à une harmonisation du régime fiscal de la province pour intégrer la mesure fédérale. S'il va de l'avant, le Trésor public québécois pourrait avoir un manque à gagner de 1 milliard $.
Le nouveau ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, a fait savoir ces derniers jours que cette mégadéduction lui «causait des maux de tête».
Dans un communiqué en réaction au budget, jeudi soir, le cabinet de M. Marceau a réitéré que la mesure d'Ottawa «complexifie le retour à l'équilibre budgétaire dans un contexte où le gouvernement actuel remet de l'ordre dans les finances publiques».
Interrogé vendredi en mêlée de presse à savoir s'il appelait Québec à opter pour une harmonisation avec le fédéral dans ce dossier, M. Champagne a répondu que ce sera au gouvernement péquiste de décider.
«C'est au Québec de choisir s'ils veulent s'harmoniser, a-t-il dit aux journalistes, à l'issue de la conférence du CORIM. (...) Ce que je dis, c'est que c'est une mesure qui est bien adaptée pour le Québec.»
Selon lui, la «mégadéduction» donne les moyens pour répondre à la nécessité d'améliorer la productivité ainsi que de favoriser l'innovation et l'automation.
«Comme Québécois, parce que je suis aussi Québécois, je regarde ça, je me dis: ‘‘ça 'fit' bien pour les entreprises que moi, je connais dans nos régions, qui veulent investir plus, puis qui veulent bénéficier de cette mesure-là’’», a conclu M. Champagne.
À la sortie du CORIM vendredi après-midi, le ministre fédéral devait rencontrer M. Marceau.
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne

