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Un médecin du N.-B. demande une révision de la réglementation sur la qualité de l'eau

durée 11h42
7 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

FREDERICTON — Le gouvernement du Nouveau-Brunswick devrait adapter plus rapidement sa réglementation sur la qualité de l'eau aux directives de Santé Canada, a recommandé jeudi un médecin membre d'un groupe de défense de l'environnement s'adressant aux législateurs de la province.

Le Dr Chris Arsenault a soutenu, devant un comité chargé d'examiner les modifications à apporter à la Loi sur l'assainissement de l'eau, que le gouvernement devrait inscrire dans la loi un processus visant à éliminer le décalage entre les directives fédérales et leur application sur le terrain par la province.

«Pour l'instant, cela se fait de manière ponctuelle. Nous recommandons que cela se fasse de manière formalisée», a déclaré M. Arsenault, membre de la section locale de l'Association canadienne des médecins pour l'environnement, aux journalistes après sa présentation devant la commission.

Il a cité l’exemple de Santé Canada, qui a publié il y a huit ans des recommandations visant à prévenir la contamination chimique de l’eau potable. Le Nouveau-Brunswick, a-t-il noté, n’a commencé qu’en février à surveiller les «produits chimiques éternels».

En 2018 et 2019, Santé Canada a établi des directives relatives à l’eau potable pour divers «produits chimiques éternels» (connus sous le nom de SPFA), des substances chimiques artificielles qui ne se dégradent pas facilement et peuvent présenter des risques pour la santé.

Des concentrations élevées de ces SPFA ont été détectées dans le réseau d’approvisionnement en eau d’une ville du nord du Nouveau-Brunswick en février.

M. Arsenault a déclaré qu’on ne saura jamais depuis combien de temps ces produits chimiques étaient présents dans le réseau d’approvisionnement en eau de Charlo, car la province n’effectuait pas de surveillance de ces produits chimiques dangereux jusqu’à récemment.

Le ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick indique sur son site internet que les analyses ont jusqu’à présent montré que les niveaux de SPFA dans le reste de la province sont généralement inférieurs aux cibles fixées par Santé Canada.

Le gouvernement provincial n'était pas disponible pour commenter cette information jeudi.

Évolution constante

M. Arsenault a fait remarquer que les lignes directrices en matière de santé publique évoluent constamment en fonction des preuves scientifiques, il est donc important de les mettre à jour.

«Chaque fois que Santé Canada met à jour ses directives, c’est parce qu’il a démontré, avec un degré raisonnable de certitude scientifique, l’existence d’un lien de causalité entre une exposition à une toxine à un certain niveau et des conséquences négatives sur la santé humaine», a affirmé M. Arsenault.

«Et donc, si nous ne mettons pas à jour (…) nous risquons en fait d’ignorer des expositions inappropriées et leurs conséquences sur la santé.»

Megan Mitton, membre du Parti vert au sein de la commission, a affirmé que les mécanismes de protection de l'eau mis en place par le gouvernement étaient insuffisants, puisque les responsables n'adoptent pas rapidement les dernières avancées scientifiques.

«Nous devons mettre en place un processus — peut-être que ce soit fait automatiquement. Ou bien, il faudrait fixer un délai court pour permettre l’adoption», a déclaré Mme Mitton lors d’une entrevue.

La commission a également entendu les représentants du Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick et le chef Hugh Akagi de la Première Nation Peskotomuhkati.

Marieka Chaplin, directrice du programme de protection de l'eau douce au Conseil de conservation, a exhorté le gouvernement a apporter un soutien financier aux propriétaires privés disposant d’un puits pour la réalisation de tests de dépistage des SPFA.

«J’ai appris que le test annuel de détection des SPFA, ces “produits chimiques éternels”, coûte 1000 $ si l’on dispose d’un puits privé. J’imagine que seul un très faible pourcentage de la population peut se le permettre», a fait valoir Mme Chaplin.

Lors d’une présentation devant le comité, le chef Akagi a affirmé que le gouvernement devait traiter les communautés des Premières Nations comme des partenaires. Trop souvent, a-t-il continué, le gouvernement semble se contenter de cocher des cases sur une liste au lieu d’engager un véritable dialogue avec les peuples autochtones.

«En matière de cogouvernance, nous devons la concrétiser. Elle n’est pas réelle», a-t-il déclaré à l’issue de l’audience.

Plus tôt cette semaine, le Comité des changements climatiques et de l'intendance de l’environnement a entendu un avocat qui a exhorté le gouvernement à inscrire le droit à l’eau potable dans la législation.

Eli Ridder, La Presse Canadienne