Affaires

Soutien à l’agriculture : L’UPA est tout de même inquiet

23 novembre 2009

Le 19 novembre, le gouvernement a accordeé une enveloppe budgétaire annuelle de 630 millions de dollars sur cinq ans à La Financière agricole du Québec, dont 30 M$ consacrés au service de la dette. « La décision gouvernementale répond à plusieurs demandes, mais nous inquiète », a souligné le président de la Fédération de l'UPA de la Beauce, Jean-Denis Morin.

Selon la Fédération de l’UPA de la Beauce, l’engagement de l’État rejoint les attentes exprimées par les représentants des producteurs agricoles au cours des derniers mois. Elle avait estimé à 650 M$ par année les besoins des programmes de sécurité de revenus pour l’ensemble des productions couvertes par ces programmes. Le gouvernement a aussi étendu la couverture pour l’ensemble des productions agricoles dans un souci d’assurer le développement de l’agriculture en toute équité ce qui était souhaitable pour l’UPA.

Tel que suggéré par l’UPA, le gouvernement du Québec a aussi réalisé des ajustements concernant les programmes de sécurité du revenu. Cela aura pour effet de générer des économies importantes au gouvernement.

Cependant, l’UPA décrie que certaines mesures vont trop loin et se traduiront, dans les faits, par une diminution du revenu net pour des milliers de producteurs d’ici en Beauce et dans tout le Québec. M. Morin cite notamment les impacts du retrait de dépenses liées à la promotion, à la recherche et au développement dans l’établissement des coûts de production d’un produit agricole.

«L’introduction de nouveaux facteurs d’efficacité dans le calcul des paiements sachant que les mesures actuellement en vigueur équivalent déjà à ne pas tenir compte des résultats de 25 à 50 % des entreprises les moins performantes, c’est-à-dire celles dont les coûts sont les plus élevés. Ce qui dénature le principe même de coûts de production justes et équitables », ajoute M. Morin.

Le président de la Fédération de l’UPA de la Beauce soulève aussi ses inquiétudes quant aux mesures de plafonnement qui s’appliqueront aux productions et aux entreprises bovines, porcines ou ovines. Il croit nécessairement que ces mesures auront des conséquences négatives sur le secteur agricole et les retombées sur l’emploi.

M. Morin s’appuie notamment sur la récente étude d’Éco-ressources, qui démontre que le Québec se distingue des autres provinces par la grande proportion, soit 70 %, des produits de l’agriculture qui sont transformés par des entreprises d’ici. Il soutient que de nombreux emplois risquent de disparaître surtout dans le secteur de la transformation en citant comme exemple la production porcine. « Si 10 % de la production est abandonnée comme souhaité par le Ministre, est-ce que ce sont 100 employés chez Olymel à Vallée-Jonction qui seront mis à pied, ou encore, une usine d’abattage dans une autre région du Québec qui fermera ses portes », se demande le président de la Fédération de l'UPA de la Beauce.