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Usine Sartigan : tout a commencé avec un planeur abandonné

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Jean-Marc Roy, fondateur d’Usine Sartigan inc., à Saint-Honoré-de-Shenley, a 36 ans quand, assis au restaurant Chez Pierrette, à Saint-Georges, devenu le Petit Jersey quelques années plus tard, il aperçoit par la fenêtre un planeur à bois abandonné dans la cour adjacente. 

Nous sommes en 1983;  camionneur, travailleur journalier dans l’industrie forestière, M. Roy ne demande pas mieux que de partir sa propre affaire, et, comme il connaît le bois, ce planeur dont personne ne semble vouloir fait naître en lui une petite idée d’avenir, idée qui aura porté fruits, puisque, 33 ans plus tard, Usine Sartigan, qui a commencé ses opérations à Saint-Georges sous le nom de Les Préparations Sartigan, à l’emplacement où se trouve maintenant la quincaillerie Canac, deviendra l’une des plus grosses usines de seconde transformation du bois (planches de différentes longueurs et épaisseurs) de la province, avec un chiffre d’affaires environnant les 40 M$ par année.

M. Roy n’a pas froid aux yeux et ne se laisse pas abattre par les difficultés qu’il rencontre dans les débuts, il fonce, même, il enfonce des portes, généralement inaccessibles pour le commun des mortels. On ne veut pas l’entendre, on va l’entendre quand même. C’est ainsi que, de sous-contractant, toujours dans la seconde transformation du bois, pendant cinq ou six ans, vers la fin des années 80, début 90, Les Préparations Sartigan, qui deviennent en même temps Usine Sartigan, transportent leurs pénates à Saint-Honoré (les deux usines, de Saint-Georges et Saint-Honoré, fonctionneront parallèlement toutes les deux quelques années) où elles vont prospérer, tranquillement, mais sûrement.

Jean-Marc Roy a trois garçons : Steeve, qui est maintenant directeur général d’Usine Sartigan et principal actionnaire, Keven, qui en est le vice-président/superviseur d’usine et détient aussi des actions, et Nelson, qui a choisi une autre carrière, soit celle d’installateur de machinerie. Steeve s’est très vite intéressé à l’usine de son père;  c’est en effet dès l’âge de 14 ans qu’il commence à travailler à Usine Sartigan, y accomplissant à peu près toutes les tâches, des plus rudes aux plus instructives. Il dit : « Quand j’ai commencé, je démêlais du bois dans la cour à la pluie et au beau temps, j’ai été opérateur de planeur, opérateur de loader, j’ai tout fait. »  Et il se rend vite compte qu’il aime ça. 

Cet amour de la retransformation du bois, il le doit à son père, qui lui a laissé toute latitude pour apprendre le métier, à la dure, mais du père à son fils. « Quand il me demandait comment faire quelque chose, de dire Jean-Marc, je lui répondais de le faire comme il le pensait, je voulais qu’il se débrouille, qu’il apprenne par lui-même. »  M. Roy, père, parti de pratiquement rien, « Je me rappelle même pas si j’ai fait une troisième année », a travaillé fort pour faire d’Usine Sartigan ce qu’elle est aujourd’hui, elle transforme et vend plus de 100 millions de PMP de bois d’œuvre par année, possède deux lignes de rabotage, à Saint-Honoré, ses propres séchoirs et fait travailler à forfait à deux autres usines du Québec. Depuis 2009, l’usine beauceronne, spécialisée dans la fabrication de différentes composantes de bois, est également certifiée au programme américain C-TPAT (Customs-Trade Partnership Against Terrorism), ce qui renforce également ses liens au sein de la chaîne d’approvisionnement nord-américaine. Les employés qui y travaillent bénéficient également d’un programme privé d’aide aux employés, entièrement payé par la compagnie. De dire Jean-Marc, même s’il n’est plus PDG de la compagnie depuis une dizaine d’années : « On fait tout pour nos employés, on leur offre toute l’aide qu’on peut. »

Un mal pour un bien

Le 2 juin 2012, qui est un samedi, Usine Sartigan inc. est la proie des flammes, la « nouvelle usine », comme on l’appelle, est presque totalement détruite par les flammes, il ne reste qu’un seul planeur. Steeve Roy, à la tête de l’entreprise, et son frère Keven, vice-président, les employés de l’usine, ainsi qu’avec l’aide de la municipalité de Saint-Honoré-de-Shenley et de certains résidents, repartent le planeur épargné par les flammes dès le mardi suivant. Pour réussir l’exploit de faire en sorte qu’aucun travailleur ne perde son emploi, suite à l’incendie, et que les clients aient leurs commandes de bois dans les délais, on instaure trois quarts de travail, jour, nuit, fin de semaine et on fait appel à la sous-traitance. L’usine est à reconstruire, on en profite pour automatiser. Depuis plus de quatre ans, maintenant, l’usine, revampée, fonctionne sept jours sur sept, vingt-quatre heures par jour. Des 140 employés qui travaillaient à Usine Sartigan avant l’incendie, avec l’automatisation, il en reste 100. « Mais ça s’est bien passé, de dire Steeve Roy, des gens en ont profité pour prendre une retraite anticipée, d’autres sont allés dans des usines de la région. » 

En fait, pour ces entrepreneurs beaucerons, Jean-Marc Roy, ses fils Steeve et Keven, malgré les difficultés, normales quand on part une entreprise, et celles qui se présentent en 33 ans d’existence, la persévérance du père et la volonté des fils de prendre la relève et de faire prospérer Usine Sartigan inc. auront contribué à une belle réussite, non seulement à Saint-Honoré-de-Shenley, dans la Beauce, au Québec et au Canada, mais partout en Amérique du Nord.

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