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Programme des travailleurs étrangers temporaires

Travailleurs étrangers: des PME québécoises veulent d'Ottawa une «clause grand-père»

Travailleurs étrangers: des PME québécoises veulent d'Ottawa une «clause grand-père»
Photo: Germain Chartier / EnBeauce.com
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Des acteurs du milieu des affaires au Québec dénoncent les changements apportés au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), qui menacent, selon eux, «directement la survie de compagnies québécoises». Ils demandent notamment au gouvernement Carney une clause de droit acquis pour les travailleurs du PTET déjà au pays.

Des PME québécoises membres de l’Alliance main-d’oeuvre étrangère, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), le Conseil du patronat du Québec (CPQ) et Manufacturiers et Exportateurs du Québec ont interpellé le gouvernement fédéral, lundi.

Les entreprises de l'alliance vivent depuis plusieurs mois «les impacts très réels» des modifications adoptées en 2024 au PTET, a indiqué Claude Blanchet, directeur général de CIF Métal, une entreprise établie à Thetford Mines.

Les resserrements au programme fédéral combinés à la fin du Programme de l'expérience québécoise «nous empêchent de planifier dans nos entreprises à long terme, même à court terme», a-t-il dit en conférence de presse, à Ottawa.

«On plafonne. Notre croissance est en danger, nos entreprises aussi», a soutenu M. Blanchet. Plusieurs des travailleurs étrangers temporaires chez CIF Métal occupent depuis plusieurs années des postes frappés par une pénurie de main-d'oeuvre, et ils sont en transition pour devenir résidents permanents, a-t-il témoigné.

Emballage St-Jean a réussi à embaucher une soixantaine d'employés temporaires de l'étranger, principalement de l'Amérique latine, afin de répondre à des besoins de main-d'oeuvre. Ce sont des travailleurs qualifiés, bien rémunérés et intégrés dans la communauté, a fait valoir le président de l'entreprise manufacturière, Marc Leclair.

«Maintenant, il faut leur expliquer que nos gouvernements ont changé les règles, qu'ils refusent d'envisager le renouvellement de leur permis de travail», a-t-il relaté.

En plus de demander une «clause grand-père», ces organisations exigent d'Ottawa des «mesures transitoires claires et flexibles permettant aux entreprises de conserver les travailleurs étrangers déjà en poste et d’en recruter où les besoins sont critiques».

Elles réclament aussi le rétablissement du processus de traitement simplifié, une meilleure coordination entre Ottawa et Québec ainsi que des solutions adaptées aux besoins des PME québécoises.

«On demande une approche plus humaine, plus prévisible», a déclaré Hugue Meloche, président et chef de la direction du Groupe Meloche, qui est un fabricant de pièces d'avions.

L'entreprise «investit massivement en automatisation», mais cette solution «ne remplace pas les travailleurs, elle dépend d'eux», a indiqué M. Meloche.

«Les équipements doivent être programmés, calibrés, réparés, supervisés. Sans ces experts, les investissements deviennent sous-utilisés et les contrats se trouvent menacés», a-t-il poursuivi.

D'après un récent sondage mené par la FCCQ, les entreprises qui ont subi les restrictions au PTET disent avoir perdu en moyenne plus de 500 000 $ et prévoient en perdre plus de 2 millions $ au cours des deux prochaines années.

Ces impacts financiers sont le résultat, entre autres, de contrats refusés ou annulés, de projets d'investissements abandonnés et d'une production à la baisse, a énuméré le directeur des relations médias de la FCCQ, Mathieu Lavigne.

Le CPQ demande le retour de modalités prévues autrefois au PTET, telles que la possibilité d'avoir des permis de travail qui durent plus de deux ans et que les salaires de ces travailleurs soient au même niveau que le salaire médian des régions où ils sont embauchés.

Le vice-président aux politiques de main-d’œuvre au CPQ, Daye Diallo, mentionne que les travailleurs provenant du PTET représentent environ 2 % de l'emploi au Canada. Leur nombre n'a pas un impact négatif sur le marché de travail, mais ils sont «stratégiques» pour les entreprises, a-t-il soutenu.

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne

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