Hier, un investissement de 773 949 $ destiné aux MRC de la Chaudière-Appalaches pour le financement des centres locaux de développement (CLD) ne fait pas l’unanimité en Beauce. Alors que Robert-Cliche disposera d’un financement accru soit près de 100 000 $, ses voisines se voient pénalisées par de fameux indicateurs de richesse établis par le gouvernement en 2001. La Nouvelle-Beauce et Beauce-Sartigan se verront octroyer que 29 568 $ et 33 801 $ respectivement. Ces sommes d’argent sont bien peu pour stimuler l’entrepreneuriat selon les dirigeants de ses deux organisations.
Le dirigeant du CLD de Beauce-Sartigan, Jean Breton a indiqué son insatisfaction aux sommes accordées. Selon lui, ces fameux indicateurs de richesse nuisent au développement de la région et à la création de la richesse collective puisque les fonds accordés sont peu suffisants pour venir en aide aux promoteurs de la région plus nombreux que dans les MRC voisines en difficulté par sa population. « 33 801 $, c’est intéressant, mais les autres (Etchemins, l’Amiante et Robert-Cliche) ont plus de 100 000 $ », constate-t-il.
Le même son de cloche a été observé en Nouvelle-Beauce par son homologue, Denys Sylvain. « C’est toute la Nouvelle-Beauce et la jeunesse qui se voient pénalisées », décrie le directeur général. M. Sylvain souhaite rallier les maires de sa MRC pour faire pression auprès du gouvernement afin d’obtenir plus que des miettes. De plus, ils trouvent choquant que les promoteurs locaux investissent plus d’argent que ceux des MRC dites voisines plus pauvres.
Depuis 2001, le Ministère du Développement économique, de l’Innovation et Exportation se base sur les indicateurs de richesses des MRC pour allouer plus d’incitatifs fiscaux pour stimuler la création de la richesse et l’entrepreneuriat. Les 45 MRC en difficulté sont éligibles à plus d’argent.
On réclame plus de fonds
Plus d’argent signifierait un meilleur appui des entrepreneurs de la région. Ces fonds selon les deux dirigeants sont insuffisants pour soutenir tel que le désire le gouvernement : la création de nouvelles entreprises, soutenir la relève entrepreneuriale et d'augmenter le taux de survie des entreprises ayant moins de trois ans d'existence notamment par les jeunes. « Avec 100 000 $ ou 130 000 $, nous pourrions engager un agent de suivi pour nos entreprises », cite en exemple M. Sylvain.
En Beauce-Sartigan, M. Breton réitère qu’elle pourrait faire davantage avec plus de fonds puisque le nombre d’entrepreneurs est plus élevé que le CLD peut aider avec les fonds qu’ils disposent.
Le CLD de la Nouvelle-Beauce est du même avis, mais aimerait bien aussi s’attarder à son défi de relève entrepreneuriale alors que 45 % de ses entreprises ne disposent pas de plans de relève.
Encore pénalisée
M. Breton déplore qu’en plus de ces aides ponctuelles que les MRC en difficulté disposent, elles aient accès à d’autres fonds spéciaux du gouvernement. « Plus de capitalisation, nous permettrait de faire de plus gros projets », remarque le directeur général du CLD. Soulignons que l’aide annoncée est aussi accrue pour les régions ressources.
Une aide souhaitée par Robert-Cliche
Pour la MRC Robert-Cliche, cette dernière annonce du gouvernement du Québec réjouit son directeur général du CLD, Daniel Chaîné. Québec lui a attribué 56 976 $ pour soutenir davantage de projets d'entreprises en démarrage et une somme de 33 371 $ pour favoriser l'émergence et la préparation de projets d'entreprises et à détecter des occasions d'affaires. Il souhaite que cette dernière subvention soit un coup de pouce qui servira de levier à la région.
La MRC Robert-Cliche jouit de plus de fonds du gouvernement puisqu’elle se classait selon les fameux indicateurs de richesse en 2001, au 44e des 120 pires CLD du Québec.
M. Chaîné accorde beaucoup d’importance à cette mesure d’aide financière. Celle-ci depuis son instauration il y a cinq ans a permis de réduire de 3 à 1 municipalité dévitalisée de son territoire. Certaines MRC ont donc bénéficié de ces aides afin de créer de la richesse et d’améliorer le sort économique de ces municipalités croit M. Chaîné.