L’entreprise textile Confection MBP à Saint-Gédéon a fermé ses portes le 18 juillet dernier dû encore une fois à la concurrence asiatique. La manufacture de chandails de la Ligue nationale de hockey employait 40 personnes.
Confection MBP appartenant à Mario Poulin et son épouse avait repris du service en 2005 dans les anciennes installations de l’usine Confection HGQ, qui elle aussi a dû fermer par la concurrence asiatique dans ce domaine.
Confection MBP fabriquait aussi des chandails de hockey et la demande était bonne depuis la reprise des activités dans la LNH en 2005. Elle produisait aussi ceux de la Ligue de hockey de l'Ontario, de la Ligue américaine de hockey et de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Toutefois, la demande était inexistante depuis que son principal client, Sport Maska, filiale de CCM-Reebok. a décidé de faire l’assemblage de ses chandails de la LNH en Asie.
Pourtant en 2007, Reebok se targuait de produire au Canada ses chandails même si les coûts de production étaient plus élevés qu’en Asie. «Tous les produits de la LNH viennent maintenant à 90 % de l’Asie», déplore M. Poulin.
Il imagine que la production au Québec servait de tampon pour la compagnie en attendant que les usines soient plus performantes en Asie. Saint-Gédéon n’est pas le seul endroit à avoir écopé, les usines du Cap de la Madeleine et de Saint-Hyacinthe ont aussi passé dans le tordeur.
Pour M. Poulin, vivre une deuxième fermeture en trois ans, c’est difficile après 29 ans dans le métier. «Le travail est fermer l’usine et on passe à autre chose. Point de vue de guenille, c’est terminé. Ça fait 29 ans que je suis dans le domaine et j’avais espérance que cela revienne, mais c’est bien trop difficile puisque l’Asie est toujours là…», note ce dernier
M. Poulin trouve également dommage que l’industrie du textile au Québec et en Beauce vit difficilement à cause de ce contexte de la mondialisation des marchés. Alors que les travailleurs dans le textile se font plus vieillissants et que les fermetures d’usine se sont multipliées au cours des dernières années, la relève sera inexistante pour produire des vêtements ici au cours des prochaines années. «On vivra le problème inverse», pense ce dernier.
En quête d’un nouvel emploi
La quarantaine d’employés mis à pied étaient âgés en moyenne de 47 ans. Les rencontres se sont amorcées aujourd’hui avec Emploi-Québec pour la période de reclassement. M. Poulin souhaite donc bonne chance à ses anciens employés qui lui ont été fidèles pendant les 14 ans qu’il a œuvré à Saint-Gédéon. «C’était presque une famille, la séparation est difficile», confie ce dernier.