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Pier Dutil

Irez-vous à Old Orchard c't'été?

Irez-vous à Old Orchard c't'été?
Photo: Pier Dutil
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En 1975, Sylvain Lelièvre chantait : « Oui nous irons à Old Orchard c’t’été…» faisant référence à l’engouement que les Québécois, et de nombreux Beaucerons avaient pour les plages de la Nouvelle-Angleterre, notamment celles d’Old Orchard.

Mais, cet été, il semble que cet engouement connaisse un important ralentissement.

Souvenirs agréables

Quand j’étais jeune, mon père prenait toujours sa première semaine de vacances la semaine de la Saint-Jean-Baptiste et, immanquablement, toute la tribu s’entassait dans la voiture familiale, direction Old Orchard.

La route était longue, les enfants trouvaient le temps long et un en particulier avait tendance à être plus turbulent que les autres et je me permets de ne pas l’identifier. À l’approche du but, lorsque l’odeur de la mer titillait nos narines, c’était l’euphorie.

Nous y séjournions trois à quatre jours dans de petites cabines, toujours les mêmes, années après années, et passions nos journées à la plage et dans l’eau froide de l’Atlantique en juin. Et, dès le premier jour, malgré des crèmes protectrices, j’attrapais mon premier coup de soleil.

Pour mes parents, mon frère et mes sœurs, nous étions au paradis. Que de beaux souvenirs!

Changement de cap

Cet été, tout porte à croire que l’on parlera beaucoup moins français sur les plages de la Nouvelle-Angleterre. Suite aux menaces de Donald Trump de faire du Canada le 51e état américain et à l’imposition de tarifs de douane qui risquent fort d’affaiblir notre économie, les citoyens canadiens et québécois, du moins un grand nombre, ont décidé de bouder les États-Unis.

Je dois vous avouer que cette attitude me réjouit grandement. Au pays, on est fort des mâchoires pour critiquer, mais souvent, les bottines ne suivent pas les babines. Cette fois, on peut ressentir une certaine solidarité qui nous honore. 

C’est bien beau de subir des menaces et de tendre l’autre joue comme nous l’a appris notre éducation judéo-chrétienne, mais, à un moment donné, il faut savoir se tenir debout et répliquer à chacun sa façon. Si on est seul à boycotter, ça n’a pas une grande influence, mais si on est plusieurs centaines de milliers, voire même des millions à le faire, cela finit par faire mal.

La grande séduction

Déjà, des acteurs des milieux touristique et politique américains ont noté un important changement de comportement auprès des vacanciers canadiens et québécois.

Récemment, la Gouverneure du Massachusetts, Maura Healy, a invité à Boston des délégations du Québec et des provinces maritimes pour leur témoigner son amour et celui des citoyens de son état.

De son côté, la Gouverneure du Maine, Janet Mills, a fait installer des panneaux en français aux entrées de son état, souhaitant la bienvenue aux touristes québécois. Dans une entrevue, elle déclarait, en faisant référence aux initiatives de Trump : «Je comprends l’hostilité que ces projets doivent susciter au Canada. Je le ressens aussi. Cela nous blesse tous et nous voulons nous assurer que les citoyens canadiens comprennent que nous souhaitons qu’ils viennent.»

Des dirigeants politiques de l’état du Vermont se sont également manifestés il y a quelques semaines, se rendant en délégation au Marché Jean-Talon à Montréal pour se procurer des produits québécois et déclarer leur amour à l’égard des Québécois, les invitant fortement à venir chez eux.

Tous ces efforts de séduction me touchent, mais, en plus de nous témoigner de leur amour, j’aimerais que ces politiciens américains se tournent vers leur Président, l’incitant à mettre fin à ses attaques verbale et économique menaçant le Canada. C’est de ce côté qu’ils devraient concentrer leurs efforts. Si vous nous aimez aussi fort que vous le dites, organisez-vous pour que l’on cesse de mettre en péril notre économie.

Des impacts majeurs

Ces belles démonstrations d’amour à notre égard, que je crois sincères, ont un fondement économique avant tout. En effet, sur le plan touristique le boycott des touristes canadiens et québécois a déjà eu des impacts majeurs aux États-Unis. Et ce n’est qu’un début.

Permettez-moi d’en citer quelques exemples. En mai 2025, le nombre des voyages en avion de retour au Canada a diminué de 24,2 %. Du côté des voyages aller-retour en auto recensé aux frontières canado-américaines, une baisse de 38,1 % a été enregistrée. Plusieurs voyages de fin d’année aux États-Unis par des écoles ont été annulés. La tendance est forte au point que des compagnies aériennes canadiennes et américaines ont réduit le nombre de leurs vols entre le Canada et les États-Unis.

Dans certains états de la Nouvelle-Angleterre, on déplore une diminution des réservations de touristes canadiens qui atteint les 60 %. Dernièrement, le Journal de Québec faisait état de témoignages de propriétaires hôteliers qui déploraient d’importantes pertes dues à des annulations qui, dans certains cas, atteignent 80 %.

Pour tenter de remédier à la situation, plusieurs hôteliers et restaurateurs mettent de l’avant d’importants rabais, dans l’espoir que les touristes canadiens et québécois se laisseront tenter et modifieront leurs plans de vacances.

Ces plans de vacances, un sondage du CAA démontre clairement qu’une majorité de Canadiens et de Québécois ont déjà opté pour des séjours dans diverses régions québécoises et/ou dans d’autres provinces canadiennes.

Peu importe quels sont vos projets de vacances pour cet été, je vous en souhaite des bien bonnes de ce côté-ci de la frontière.

Courage

Il ne reste que 1 316 jours au mandat de Donald Trump.

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Pensée de la semaine

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