Pier Dutil
L'incompétence des pouvoirs publics
Par Pier Dutil
Au Québec, l’état de nos infrastructures (routes, ponts, écoles, hôpitaux, etc.) est dans un état lamentable. Et, d’année en année, loin de s’améliorer, la situation continue de se détériorer.
Si, en tant que propriétaires, nous négligions à ce point nos résidences, il y a longtemps qu’elles seraient devenues inhabitables.
Je n’en reviens pas à quel point, dans notre région, dernièrement, comme vous, j’ai pu observer des cas de négligences qui ne peuvent relever que de l’incompétence des pouvoirs publics.
Le pont David Roy
Le pavé du pont David Roy au-dessus de la rivière Chaudière, qui permet de circuler entre les rives est et ouest en plein centre-ville de Saint-Georges est dans un état lamentable.
Les quelques milliers de conducteurs qui empruntent quotidiennement cette infrastructure sont à même de constater les nombreux et énormes nids de poule qu’on y retrouve, notamment en direction ouest.
Et cela n’est pas nouveau de cette année. Il en était de même l’année dernière. Je ne sais pas quand le ministère des Transports, responsable de ce pont, procédera aux réparations nécessaires, mais je crains que, lorsque l’on décidera enfin d’intervenir, l’on se contente de «patcher» le tout plutôt que de refaire le pavé au complet.
Toujours concernant le pont David Roy, on retrouve encore les murets de béton qui bloquent une voie à l’entrée sud sur la rive ouest. Ces murets sont là depuis des années et rien ne bouge. On nous dit qu’ils sont là pour protéger des fils enfouis d’une compagnie de téléphone.
Mais, est-ce que quelqu’un pourrait m’expliquer pourquoi, après des années, on n’a toujours pas trouvé une solution pour régler le problème? Quand les conducteurs de véhicules empruntant le pont David Roy retrouveront-ils l’usage de cette voie d’accès?
Mystère et boule de gomme.
Le pont de la rivière Famine
La situation du pont sur la rivière Famine à l’entrée nord de Saint-Georges est, elle aussi, dans un piteux état. Le pavé est détérioré par des nids de poule et des ornières. Même que la ligne de jonction entre deux sections d’asphaltage est fendillée tout le long des 148 mètres du palier.
Cette infrastructure routière est la seule du côté est, à part l’autoroute 73, à permettre la sortie de Saint-Georges en direction nord et elle est empruntée par des milliers de véhicules quotidiennement.
En reportant les réparations d’année en année, la situation ne fait qu’empirer. Ouvert en 1966 et élargi à quatre voies en 1994, le pont a vu son palier refait en 2015.
Les vitres à la SAQ
Le 26 février dernier, un chauffeur, qui s’amusait à faire des «drifts» dans le stationnement en face de la succursale de la SAQ, a perdu le contrôle et son véhicule s’est retrouvé embouti dans les locaux de la SAQ, fracassant quelques vitrines.
Si cela s’était produit dans n’importe quel autre commerce de Saint-Georges, les vitres auraient été remplacées dans les jours suivant l’accident. Eh bien, à la SAQ, il aura fallu deux mois pour procéder aux réparations. Entre-temps, les vitrines sont demeurées placardées
Des sources, qui désirent demeurer secrètes, m’on fait part d’un problème entre assureurs qui pourraient expliquer une partie du délai. Qui sait?
La résidence du Premier Ministre canadien
Comme dans la plupart des pays, le Premier Ministre canadien bénéficie d’une résidence d’office pour lui et les membres de sa famille. À Ottawa, cette résidence est située au 24, Promenade Sussex, sur les bords de la rivière Outaouais, en face de Rideau Hall, la résidence de la Gouverneure générale.
Cette résidence a été construite dans les années 1867-1868 par Joseph Murril Currier, un Député à la Chambre des communes et acquise par le Gouvernement fédéral en 1943. Elle est gérée par la Commission de la Capitale nationale. Louis St-Laurent en a été le premier occupant. Le dernier a été Stephen Harper en 2014.
Au cours des dernières années de son occupation, la résidence était reconnue comme trop chaude l’été et trop froide l’hiver. La vermine s’y était même installée. À son arrivée au pouvoir en 2015, Justin Trudeau a renoncé à l’habiter tellement elle était en désuétude. Il a plutôt choisi de s’installer à Rideau Cottage, une résidence beaucoup moins vaste datant de 1866, mais mieux entretenue.
Depuis qu’on ne l’occupe plus, soit depuis maintenant 11 ans, rien n’a été fait pour améliorer la situation. On évaluait les travaux de rénovation à 25 millions de dollars (25 M$), puis à 35 M$ quelques années plus tard. Plus on attend, plus le coût des travaux augmente.
Certains ont même suggéré de la démolir et d’en construire une nouvelle. Mais aucun Premier Ministre depuis n’a osé entreprendre une rénovation ou une nouvelle construction de crainte d’être accusé de se construire une résidence trop luxueuse au goût des contribuables.
Franchement, quand un pays comme le Canada n’est pas capable d’offrir une résidence digne de son rôle à son Premier Ministre, il n’y a pas de quoi être fier. C’est même honteux de continuer à dépenser des centaines de milliers de dollars pour maintenir debout la résidence actuelle qui, finalement, à part entraîner des dépenses inutiles, ne sert absolument à rien.
Situation généralisée
Malheureusement, les cas de négligence et d’incompétence mentionnés dans cette chronique ne sont que la pointe de l’iceberg. Et tous les partis politiques qui se sont succédés à la tête des Gouvernements fédéral et provinciaux en sont responsables.
Comme je le mentionnais en introduction, l’état de nos infrastructures est une véritable honte. Et quand on prétend ne pas disposer de ressources financières suffisantes pour les réparer, on ne fait que pelleter par en avant car, plus on attend, plus les coûts augmentent.
Franchement, il ne faut pas être fier de son travail pour laisser ainsi pourrir de telles situations.
Courage
Il ne reste que 978 jours au mandat de Donald Trump.
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Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à celles et ceux qui sont directement ou indirectement concernés.es par l’état déplorable de nos infrastructures :




