Les « Chauds » s’éteindront-ils?
« Plus dur que l’airain », mais peut-être pas plus dur que la volonté des décideurs politiques. Voilà que le Régiment de la Chaudière pourrait disparaître, du moins sa compagnie localisée à Beauceville. Une triste nouvelle? À ne pas en douter, puisque ce régiment aura marqué l’histoire de notre région et acquis une réputation d’unité hors pair à la suite des terribles combats en Normandie et dans le nord-ouest de l’Europe en 1944-1945.
Ce n’est pas la première fois que notre régiment fait l’objet de réaffectations et de coupures. Cela est même normal dans le cadre du processus de restructuration majeur que subit présentement l’Armée canadienne. Par exemple, la guerre en Afghanistan use à elle seule les troupes et le matériel. Une réorganisation est alors impérative afin de garder le tempo opérationnel dans ce théâtre, tout comme lors d’interventions effectuées en sol canadien.
N’oublions pas que le Canada est en guerre et les priorités budgétaires sont accordées aux troupes de l’Armée régulière, et non celle de la Réserve. C’est normal. Il est difficile dans ces circonstances de « faire vivre » des régiments qui, malgré leurs gloires passées, sont désormais des unités de réserve.
Malgré tout, et au-delà des impacts politiques qu’aurait la disparition de cette unité, le Ministère de la Défense nationale aurait intérêt à trouver des solutions pour maintenir le Régiment de la Chaudière, et ce, pour deux raisons : 1) garder un bassin de troupes entraînées et prêtes à appuyer les unités régulières au besoin; 2) encourager les enrôlements de Québécois dans des unités québécoises.
N’imitons pas la saga du Manège militaire de Québec, car il ne sera plus temps de pleurer cette grande institution beauceronne qu’est le Régiment de la Chaudière, une fois qu’elle sera décimée.
Carl Pépin, Ph. D., historien


