Éducation

Des élèves promus sans les acquis nécessaires, selon le Syndicat de l’enseignement de la Chaudière

Réseau des écoles du CSSBE

21 mai 2026
Sylvio Morin

Pas moins de 26 % des enseignantes et des enseignants sondés, tant au primaire qu’au secondaire dans le réseau du Centre de services scolaires de la Beauce-Etchemin (CSSBE), affirment que certains de leurs élèves ont été promus au niveau supérieur en dépit de leur recommandation de redoublement ou de transfert en classe spécialisée.

Ces données, rendues publiques cette semaine, ont été recueillies lors d’une consultation menée en novembre et décembre 2025 par la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), à laquelle le Syndicat de l’enseignement de la Chaudière (SEC) est affilié.

Des 530 enseignants membres du syndicat régional qui ont participé à ce sondage, 11 % des profs du primaire, et 27 % des profs du secondaire ont affirmé avoir subi des pressions, notamment de la part des directions ou des parents, pour faire passer un élève au niveau supérieur, sans qu’il possède les acquis nécessaires.

Une telle situation est non seulement inacceptable, mais elle contrevient également à la Loi sur l’instruction publique (LIP), évalue l'association enseignante.

Aux yeux du SEC, certaines données sont «préoccupantes» pour le territoire du CSSBE: 

• Au primaire, 40 % des enseignants estiment qu’entre deux et quatre élèves dans leur classe  ont été promus sans les acquis nécessaires; 

• Au secondaire, 27 % des enseignants estiment que le quart ou plus de leurs élèves ont été  promus sans les acquis nécessaires; 

• 54 % des enseignants au primaire ont au moins un élève en modification des attentes en  français dans leur classe; 48 % en ont au moins un en mathématique. Rappelons que la  modification des attentes devrait être une mesure exceptionnelle pour les élèves qui ne  peuvent répondre aux exigences du programme. 

«Ces résultats inquiétants démontrent hors de tout doute que beaucoup d’élèves dans les  classes n’ont ni le niveau attendu ni une maîtrise suffisante des notions préalables, ce qui a  un impact direct sur la charge de travail des profs et sur les services aux autres élèves. Il est  plus que temps de donner un sérieux coup de barre pour redresser la situation, au plus grand  bénéfice de tous», a fait savoir Dominic Loubier, président du syndicat, par voie de communiqué de presse.  Il estime qu'un «sérieux coup de barre est nécessaire» pour redresser la situation.

D'ailleurs, la FSE-CSQ a demandé au ministère de l'Éducation un espace afin de discuter en profondeur de cette  problématique et de trouver des solutions pour favoriser la réussite de tous les élèves. De même, la centrale réclame la tenue d’une grande réflexion collective sur l’état de l’éducation au Québec.  

Réactions du CSSBE

Par voie de courriel, l'agente de développement aux communications du CSSBE, Joannie Demers, a confirmé que son organisation avait pris connaissance des résultats présentés par le syndicat, lors d’une rencontre récente avec leurs représentants.

«Nous accueillons ces constats avec sérieux, a-t-elle écrit, et nous procédons actuellement à leur analyse en les mettant en perspective avec nos données et nos pratiques.»

Elle a rappelé que les décisions entourant le cheminement scolaire des élèves reposent sur un ensemble de facteurs et que ces décisions sont toujours prises avec le souci de favoriser la réussite éducative et le bien-être de nos élèves.

«Nous reconnaissons également que les réalités vécues en classe évoluent et qu’il est important de soutenir notre personnel», a indiqué la porte-parole.

Elle affirme que les deux parties ont convenu de poursuivre le dialogue afin d’identifier des priorités d’action communes. «Nous souhaitons ainsi travailler en collaboration étroite avec nos équipes-écoles, le syndicat, les parents et nos élèves», a conclu Joannie Demers.