Jeunesse

La peur de dire NON !

22 mai 2008
Stephanie Bolduc

Ça y est ! Votre enfant fond en larmes… vous avez le cœur bouleversé, vous avez l’impression d’avoir été trop dur en lui disant «non». Pire encore, il vous fait une crise incroyable et votre NON se transforme en OUI…

Être parent peut parfois être une tâche ardue et bien souvent par peur de la réaction au non, il est plus facile d’acheter la paix que de gérer la crise. Bien que certain stipule qu’il existe autant de façons différentes d’éduquer qu’il y a d’enfants, il n’en reste pas moins que ceux-ci doivent apprendre à gérer un refus ou une frustration. Mais où se situe la limite raisonnable ?

Besoin ou caprice
En tant que parent c’est vous qui connaissez le mieux votre enfant, malgré cela, il n’est pas toujours évident de savoir jusqu’où l’on peut acquiescer face à ses demandes. Apprenez à identifier ses besoins réels tout en les différenciant de ses caprices (ex: Il refuse de boire son lait car vous lui avez servi dans le verre bleu). Tenez compte qu’un enfant que tout lui est permis à la maison est susceptible de présenter des difficultés d’adaptation dans son environnement social. Pourquoi ? L’enfant faisant rarement face à un refus présente généralement un faible seuil de tolérance à la frustration, accepte difficilement de se faire dire quoi faire par une autre figure d’autorité, a tendance à s’opposer ainsi qu’à faire à son idée étant donné qu’il n’a pas appris à gérer adéquatement ses émotions lorsqu’il est confronté à un NON. L’enfant a besoin de savoir que son désir ou que son besoin est reconnu tout en apprenant que l’on ne peut pas toujours y répondre immédiatement. Accepter ou refuser certains comportements ou attitudes c’est établir un cadre de vie afin qu’il puisse devenir un adulte autonome et responsable.

Menace affective
L’inquiétude fréquemment soulevée par des parents est la perte d’amour aux yeux de leur enfant. Vous savez, ces phrases lancées suite à une frustration: «Je ne t’aime plus!» «Tu n’es pas gentille!» «J’aime mieux papa!» «Les parents de mon ami, eux, ils veulent…!» etc. Les enfants connaissent vos cordent sensibles et utilisent parfois, sous le coup de la colère ou à mauvais escient, la menace affective afin d’obtenir ce qu’ils désirent. Si vous savez que votre non se transformera en oui suite aux insistances de l’enfant, dites «oui» toute suite, il apprendra alors que votre décision n’est point négociable.

On évite ainsi que l’enfant vous harcèle avec des demandes incessantes, qu’il éclate en larme ou encore qu’il pique une crise de colère et ce, car vous demeurez constant dans votre réponse. Certes, il est possible au début que votre enfant tente ces stratégies pour vous faire changer d’avis, mais si vous maintenez votre décision, il apprendra à connaître vos limites. Vous pouvez lui verbaliser que c’est parce que vous l’aimer que vous lui permettez ou lui interdisez certains comportements. Éduquer un enfant ce n’est pas consentir à ses moindres désirs, c’est plutôt de créer un juste milieu où vous, en tant que parent, vous sentirez à l’aise d’intervenir tout en maintenant un style disciplinaire encadrant et en lui fixant des limites claires.

Retenez que la plus belle preuve d’amour que vous pouvez donner à l’enfant ce n’est pas de tout lui permettre ou de céder à tous ses caprices mais bien, de l’encadrer tout en l’aidant à faire face à ses frustrations. Et OUI…parfois il faut dire NON!

Questions ? Commentaires? courrier.stephanie@gmail.com