Politique

L’économie et nos élus

23 octobre 2008

L’économie et nos élus

La crise financière actuelle ébranle sérieusement notre confiance envers la solidité de notre économie. Depuis les trois dernières années, notre région se fait malmener à un point tel que nous avons perdu notre réputation de « poumon économique du Québec ». Les pertes d’emplois sont devenues monnaie courante et nous espérons tous, que le pire soit derrière nous, mais chaque semaine amène son lot de mauvaises nouvelles.

Cette triste séquence a débuté avec l’arrivée des effets néfastes et vicieux du programme des régions ressources. Ensuite, pour détériorer davantage la situation, nous avons subi la flambée du prix du pétrole, la montée de la valeur du dollar canadien, le ralentissement de l’économie américaine et pour couronner le tout, une crise financière mondiale qui se pointe à l’horizon.  L’ensemble de ces facteurs fait en sorte que notre industrie manufacturière traverse une période rude et délicate. Certains secteurs d’activité risquent même de disparaître si rien n’est fait. L’heure n’est plus au discours, mais aux gestes concrets. Nous devons consolider notre base manufacturière beauceronne et nous ouvrir sur des nouveaux créneaux afin de diversifier notre industrie.

Présentement, le secteur tertiaire traditionnel tel que la restauration, la vente au détail et les services professionnels performent encore bien, mais pour combien de temps encore? Sans l’apport du secteur manufacturier, ceux des commerces ne peuvent qu’être affecté et connaître, à leur tour un certain recul. Le taux de chômage dans la région est assez stable, mais s’explique, entre autres, par la mise à la retraite d’un certain groupe de travailleurs.

Par contre, ici chez nous, le nombre d’emplois disponible ne cesse de diminuer. Je suis personnellement convaincu que la situation n’est pas perdue et nous pouvons retourner la situation à notre avantage en posant des gestes clairs. Nous devons, comme citoyen, avoir une vision globale afin de prendre des orientations stratégiques pour mieux nous positionner. L’avenir de plusieurs emplois et la sauvegarde de nos industries en dépendent. Les entrepreneurs beaucerons sont pleins de ressources et nous savons qu’ils ne baisseront pas les bras aussi facilement. Ils sont reconnus pour leur dynamisme, leur esprit combattif et leur ouverture aux nouvelles idées, mais on ne peut pas les laisser seuls dans cette lutte qui interpelle toutes les strates de la population beauceronne. En tant qu’élus, nous devons faire en sorte que tous les acteurs voués au  développement économique régional travaillent de façon concertée à la relance de l’économie beauceronne.

Un bon leader n’est pas celui qui conduit, mais celui qui montre le chemin. Ne serait-il pas temps pour nos leaders régionaux, ceux qui ont accès aux différents niveaux du pouvoir supérieur, de se lever et de nous montrer le chemin? Ne doivent-ils pas nous mettre au parfum des opportunités d’affaires et des secteurs où nous avons le plus de chance de connaître le succès? Ne serait-il pas souhaitable de les voir visiter nos industries en dehors des campagnes électorales afin de prendre le pouls de nos industriels et de connaître leurs besoins, les problématiques auxquelles ils sont confrontés, de les informer sur les opportunités d’affaires et les créneaux de développement porteur d’avenir?

Ne doivent-ils pas avoir une vision globale de notre région et nous montrer le chemin du succès afin de renouer avec la performance économique? On peut bien continuer de s’insurger contre le programme des régions ressources et de rendre le gouvernement responsable de tous nos problèmes, mais qu’ont-ils, eux, à nous proposer en attendant?

Je crois qu’il y a des enjeux majeurs qui méritent notre attention immédiate. Nous devons initier un virage important, donner à nos industriels les outils et les moyens nécessaires afin qu’ils puissent se développer et ainsi, créer de la richesse. Dans un monde en perpétuel changement, il est préférable d’être parmi ceux qui l’initient que d’être parmi ceux qui le subissent.

Par Éric Lachance