Un budget un peu trop optimiste selon Carette
Le maire de Saint-Georges, Roger Carette, prend avec une certaine réserve le budget provincial déposé jeudi dernier par le gouvernement Charest et déplore que celui-ci fasse gonfler la dette déjà assez encombrante pour les contribuables.
Le magistrat de la Ville nous a expliqué son point de vue lundi matin en entrevue téléphonique. « Je trouve le budget extrêmement optimiste. Je crois que la situation économique du Québec est un peu moins rose que ce que le budget traduit. Je trouve pénible qu'on doive emprunter pour payer des dépenses courantes. C'est une grosse invitation à la prudence », a commencé M. Carette.
Parlant de la proximité de la Beauce avec nos voisins américains, M. Carette rappelle avoir annoncé depuis longtemps la crise actuelle et aurait aimé que des mesures soient mises en place plus rapidement. « Personne ne voyait venir le trouble, fait remarquer le maire. Ce n’est pas parce qu'on est plus brillant que les autres, c'est juste parce qu'on est plus proche des États-Unis. Chronologiquement, on a été affecté en premier », explique-t-il.
Se félicitant que son conseil ait pu geler la dette et d'avoir pu baisser les comptes de taxes des contribuables de la ville, le maire trouve dommage que le gouvernement doive emprunter, faisant flirter la dette totale au-delà des 140 milliards de dollars. « Si on avait la proportionnelle de cela à Saint-Georges, on serait endetté pour 100 millions, alors on est heureux au conseil de ne pas faire subir ça aux gens », a-t-il commenté.
Les bons points
Le maire soulève tout de même de bonnes mesures à ses yeux. Il n'a par exemple aucun problème avec le fait que les Québécois devront subir, dès le 1er janvier 2011, une hausse de la TVQ d'un point pour atteindre 8,5 %. « On avait même dit que le gouvernement fédéral aurait dû maintenir la TPS au niveau où elle était il y a deux ans, mais en donner 1 % aux provinces », a mentionné M. Carette, en soulignant que cette mesure aurait pu permettre aux municipalités de profiter de la moitié des entrées d'argent générées par ce 1 %.
Il salue également l'engagement du gouvernement vers les énergies propres, contrairement à l'Ouest du Canada qui exploite les énergies « sales ». Sur ce, il traduit un désir que plusieurs Québécois chérissent de moins en moins secrètement. « Il me semble que le gouvernement du Québec devrait nationaliser l'eau potable, avant que des investisseurs privés viennent nous voler cette richesse-là pour s'enrichir comme d'autres l'ont fait avec le pétrole », fait valoir le magistrat. Il dit vivement espérer que le gouvernement utilisera les pouvoirs de la constitution pour nationaliser la ressource qu'est l'eau potable, « une des rares ressources naturelles qui nous reste et qui soit encore intacte ».
Laissé sur son appétit
D'autre part, M. Carette se promet de glisser un mot au député et ministre Robert Dutil en lien avec le programme des régions ressources. « On est complètement laissé sur notre appétit en ce qui concerne les régions ressources. On a des plats de promesses devant nous, mais on verra ce qui arrive avec ça », dit-il, en insistant sur l'urgence de faire un ménage dans ce programme afin de répartir les fonds équitablement entre les régions qui en ont le plus besoin, dont la nôtre.


