Les opposants au tracé est du prolongement de l’autoroute 73 ont réagi vivement à la suite du bilan prononcé par le député de Beauce-Sud et ministre du Revenu, Robert Dutil. Ces derniers dénoncent que ce dernier a proféré des mensonges à la presse régionale concernant l’autoroute 73.
Josée Bilodeau, Pascal Veilleux ainsi que Marc Saint-Hilaire et Manon Poulin de la Ferme Bertnor, ont signifié leurs désaccords aux propos de Robert Dutil tenus hier devant la presse. Le député ministre a souligné que le recours à un décret ministériel était la seule possibilité puisqu’il n’y avait pas d’entente possible. « Il n’y pas eu d’entente parce qu’il n’y a pas eu d’offre. Nous demandons au ministre Dutil de dévoiler ces offres publiquement s’il prétend qu’elles existent », ont souligné les opposants.
D’après Mme Bilodeau, ce décret du ministère des Transports publié dans la gazette officielle le 2 décembre ne règle en rien le dossier de l’autoroute 73. De plus, elle accuse les élus tant les députés de mentir à la population.
Elle rappelle que ce décret ne peut pas avoir préséance en vertu de l’article 97 de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles.
Devant les tribunaux
Lors de son bilan, M. Dutil s’est dit prêt à se défendre devant les tribunaux si les propriétaires y ont recours. Les opposants eux seront de la partie, et ce, dès janvier. « Le gouvernement a tenté de persuader les juges de la caducité de notre recours par son décret ministériel espérant ainsi éviter le tribunal. Si M. Dutil réfute cette affirmation, l’invitation lui est lancée pour la conférence devant juges le 11 janvier 2010 », a ajouté Mme Bilodeau.
En plus de la conférence des juges du 11 janvier, des séances devant le Tribunal administratif du Québec auront lieu les 19 et 20 janvier. Une fois de plus, la décision de la CPTAQ sera remise en cause.
Attaque « incohérente » vers le PQ et Côté
Les opposants souhaitent rappeler également à M. Dutil qu’il avait tort de critiquer l’inertie du Parti québécois dans le dossier de l’autoroute et l’incohérence d’André Côté. « Le Parti québécois a adopté un décret gouvernemental d’expropriation en 1981 pour le tracé «ouest» à Beauceville », rappellent les opposants.
« Est-il plus cohérent de tout recommencer avec un nouveau tracé et d’affirmer “on va prendre tous les moyens qu'il faut pour qu'elle (l'autoroute) se fasse rapidement », ont ajouté ces derniers dans un communiqué de presse.
Une opposition depuis 2004
Très peu de personnes contestent les décisions du gouvernement, mais Josée Bilodeau, qui est en quelque sorte la porte-parole du groupe, s’oppose systématiquement au tracé « est » tant désiré par le ministère des Transports depuis le mois de mai 2004.
Soulignons que ce groupe s'est battu devant toutes les instances pour avoir gain de cause dans ce dossier. Mme Bilodeau a donc investi temps, argent et de nombreuses recherches pour convaincre les intervenants que le tracé le moins dommageable pour l’agriculture est celui à l'ouest. Elle suggère que certains ont des intérêts bien loin de l’environnement pour prioriser un tel tracé. Par la bande, Mme Bilodeau accuse le mutisme de la ville de Beauceville dans ce dossier.
Son souhait le plus cher pour l’année 2010 est que la population s’aperçoive que le tracé en zone agricole est inacceptable. Se basant sur les plans et devis, Mme Bilodeau atteste que le prolongement de l’autoroute 73 par le tracé « est» représente une perte nette de 160 hectares de terre agricole contrairement à 130 hectares pour le tracé « ouest ». Par ailleurs, elle souligne que le tracé « est » crée plus de morcellement de terre en raison notamment de la construction d’un boulevard de six kilomètres en parallèle au prolongement.
Elle souhaite aussi que le gouvernement puisse aussi accepter son erreur sur toute la ligne. « Ils ont échoué et ils seront échec et mat devant le tribunal », estime Mme Bilodeau.
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