Un Réseau des Alliés pour contrer l’homophobie en région
Le G.R.I.S. (Groupe régional d’intervention sociale) Chaudière-Appalaches a implanté la semaine dernière le Réseau des Alliés» destiné à agir dans les écoles et les milieux jeunesses du territoire. Ce nouvel outil de prévention et d’intervention en matière de sexualité des jeunes afin de susciter le dialogue, réduire la barrière entre hétérosexuels et homosexuels et favoriser l’acceptation des différences. Sous le thème : « Ensemble avec nos différences », le Réseau des Alliés vise à soutenir et encourager les personnes à bâtir un milieu de vie ouvert à la diversité.
Le G.R.I.S. déjà présent dans les écoles dispose de 1000 professionnels formés à l’écoute des jeunes au sujet de l’homosexualité et de la bisexualité. «Pourquoi un tel réseau? Il y a encore trop de jeunes qui se posent des questions et ne savent pas à qui en parler. Ils ont peur de se faire rejeter. Il y a encore de l’homophobie et beaucoup de préjugés. C’est vraiment important pour les jeunes d’être capable d’identifier des personnes. Malheureusement, il n’y avait rien qui permettait de les identifier. Souvent, les jeunes vont voir les infirmières ou les travailleuses sociales, mais parfois ils ne veulent pas parler à ces gens-là. Ils ont plutôt le goût de se confier à un enseignant. Ce sont ces personnes que nous voulons aller chercher pour ces raisons-là», constate la coordonnatrice du GRIS, Marie-Ève Couture.
Le Réseau des Alliés se veut de briser l’isolement et contrecarrer la stigmatisation par le respect de la diversité humaine tout pour une santé globale de la population. En Chaudière-Appalaches, les personnes homosexuelles sont encore trop souvent victimes de discrimination et, d’autre part, amener les personnes homosexuelles à une meilleure acceptation de leur orientation sexuelle. «Ça l’a beaucoup évolué, mais il reste beaucoup de travail à faire», constate Mme Couture.
Les statistiques parlent
Beaucoup de jeunes en Chaudière-Appalaches ont de la difficulté à s’accepter, les statistiques le confirment selon Mme Couture. «Les compilations démontrent que 24 % des hommes ont des problèmes avec leur orientation sexuelle. Entre autres, ça regroupe trois questions : as-tu déjà ressenti une attirance envers une personne du sexe opposé au tien? Cela t’a-t-il conduit à des idées suicidaires? C’est en lien avec le haut taux de suicide en région. Il y a aussi des jeunes qui se font harceler à l’école parce qu’on les croit homosexuels? Donc, ils ne le sont même pas, mais à force d’être pointé du doigt… Ça l’amène souvent au décrochage scolaire», précise Mme Couture.
Si la statistique chez les hommes est de 24 %, chez les femmes c’est de 12 %. «Il faut diminuer ces chiffres-là. Ça parle beaucoup», justifie la coordonnatrice du GRIS.
La table de concertation dédiée à la prévention des problèmes d’adaptation chez l’adulte applaudit la mise en place du projet «Réseau des alliés», déjà expérimenté dans la région de Québec. «La région n’est pas exempte d’homophobie et cette situation entraîne des problèmes de différentes natures que l’on songe au décrochage scolaire, à la toxicomanie, la violence ou la détresse psychologique. La table souligne que la lutte à l’homophobie interpelle l’ensemble de la population», a affirmé le travailleur social, Jocelyn Deblois.
Fondé en 1998, G.R.I.S. Chaudière-Appalaches est un organisme sans but lucratif fondé en 1998 pour démystifier l’homosexualité dans la société ainsi que prévenir les infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS). Depuis 9 ans, l’organisme a réalisé plus de 2200 interventions en démystification de l’homosexualité en milieu scolaire. Son siège social est situé à Beauceville. Une ligne sans frais et/ou service d’écoute est disponible par le biais de Gai Écoute au 1-888-505-1010.


